Le policier en pleurs

«j'étais dans un équipage arrivé par hasard rue de la fontaine au roi, nous allions en renfort sur la fusillade rue Bichat, annoncé par un autre équipage de mon unité. Ce n'est pas notre secteur, nous travaillons sur le nord du 10,18 et 19eme. Personne n'avait encore appelé les secours pour cette scène. Arrivé par hasard, nous voyons le carnage, les douilles de kalachnikov, c'est là que nous annonçons pour la 1ère fois sur nos ondes que ce sont des attentats. Les corps et les blessés étaient tout autour de nous. Vision de chaos, un carnage. Et survient le fait qu'il y a surement un terroriste retranché... Nous avons réagi le plus professionnellement possible. Nous avons terminé à 6h du mat. Puis dès 14h nous avons repris le travail pour garder les lieux de recueillement (rue Bichat notamment) jusqu'à 23h30. Le lendemain pareil. C'est au moment du repas, que mon collègue et moi avons voulu revenir sur les lieux pour nous recueillir et voir la rue d'une autre façon. Les images ont afflué, l'émotion a pris le dessus. D'abord l'impression de ne pas avoir fait mon job, de ne pas avoir protégé ces gens. Puis les larmes qui s'accumulaient depuis les attentats, qui n'avaient pas coulées, ... Et enfin les images des personnes encore vivantes à notre arrivée, mortes à côtés de nous. L'image d'un corps au sol, une balle dans la tête, avec son téléphone qui a sonné toute la soirée à côté... (je ne m'épancherai pas sur les détails morbides). Tout cela fut trop, j'ai craqué. Comme d'autres collègues primo-intervenant sur les attentats, nous craquons tous à notre manière. La mienne fut ici. » (Message de François, le policier en pleurs qui m'a contacté quelques jours après avoir pris la photo).



English version:

I was in a crew arrived by accident in the street Rue de la Fontaine au Roi, we were going to reinforce the shooting on Bichat street, announced by another crew of my unit. This is not our sector, we are working on the north of 10,18 and 19eme arrondissement (district). Nobody had called to help for this scene yet. Arrived by accident, we see the carnage, the cartridge cases of Kalashnikovs, it's at that time we announce for the first time on our radio waves that they are terrorist attacks. Dead bodies and the wounded were all around us. Vision of chaos, a carnage. And then we are told that there is probably an entrenched terrorist ... We reacted as professionally as possible. We finished at 6am. Then from 2pm we returned back to work to guard the mourning places (including the street Bichat) until 11:30 pm. The next day the same. It was at the time of diner, that my colleague and I wanted to return on the scene to commune with ourselves and see the street in another way. The images overwhelmed the memories, the emotion took over. First the impression that I didn't do my job, that I didn't protect these people. Then the tears that accumulated since the attacks, which had not sunk, ... And finally the images of people still alive on our arrival, dead beside us. The image of a body on the ground, a bullet in the head, with his phone ringing the whole evening next to him... (I will not insist on the morbid details). All this was too much, I cracked. Like other fellows who intervened firstly on the attacks, we all crack in our own way. Mine was here." (Message of François, the police officer in tears who contacted me a few days after taking the picture).

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